Suna Tsubu Dojo | Kobudo 49
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Origines du Kobudo

L'histoire du Kobudo d'Okinawa

Okinawa Kobudo, calligraphié en japonais

Les origines

Les origines du Kobudo d'Okinawa

Okinawa est un archipel d'îles situées entre le Japon et le sud de la Chine. De culture chinoise jusqu'au 17e siècle, ces îles sont devenues japonaises après l'invasion des guerriers du clan Satsuma (1609).

La population a alors développé, dans le plus grand secret, des méthodes de défense personnelles : le Karaté, pratiqué sans armes, et le Kobudo, qui utilise les ustensiles du quotidien en guise d'armes.

La pratique a évolué depuis lors pour devenir une voie (Do) de développement personnel non violente, qui apporte des bienfaits sur le plan de la santé comme sur le plan mental, en augmentant les réflexes, la souplesse, le courage, la résilience…

Les armes

Les armes traditionnelles du Kobudo d'Okinawa

Bô Bâton
Nunchaku Fléau
Saï Plantoirs
Tonfa Béquille

À partir de ces 4 armes fondamentales, le kobudoka (celui qui pratique le kobudo) pourra, au fur et à mesure de sa progression, étendre ses connaissances en appliquant les principes de base à d'autres nombreuses armes outils ou armes de Kobudo.

Le Bô, la base du Kobudo

Bâton (Bô)
Deux pratiquants croisent leurs bô dans la salle du club, l'un en kimono noir, l'autre en ceinture orange

Le bô est l'arme fondamentale du Kobudo d'Okinawa, celle qui a été la plus pratiquée. De nombreux katas (kata = moule ou forme) créés par des générations successives de maîtres illustres (ex : Sakugawa) sont parvenus jusqu'à nous. Sachons apprécier, dans chacun de ces mouvements, le fruit de leur expérience acquise parfois si durement.

Le Bô mesure 6 shaku (1 shaku = environ 30 cm), soit 1,80 m. Il en existe de plus grands ou de plus petits, mais cette dimension est la plus adaptée pour une arme longue, puisque à peu près de la taille moyenne d'un adulte. Il est d'ailleurs recommandé d'approprier le bô à sa taille ; il ne doit pas excéder de plus de 10 à 20 cm la taille de l'utilisateur.

Le Bô est une arme difficile à manier avec aisance, mais qui apporte solidité dans toutes les techniques pour les armes longues ou moyennes, et confiance en soi pour le pratiquant.

Répertoire : 3 séries de techniques et 7 katas

Le Nunchaku

Fléau (Nunchaku)
Un pratiquant en kimono noir et un élève en ceinture orange en garde, nunchaku levé

Le Nunchaku, avatar du fléau, qui fut (re)découvert par les films « made in Hong Kong » des années 70, est en effet le prototype de ce que l'on pourrait appeler les armes « à géométrie variable ». Il est évident que l'efficacité de cette arme est liée à la force centrifuge de l'extrémité libre, dans les mouvements « pendulaires » ou de projection. Mais aussi sa difficulté fondamentale reste la maîtrise de sa trajectoire, sous peine d'une punition quasi immédiate pour l'utilisateur maladroit ou trop confiant ! D'ailleurs, si vous vous êtes essayés à quelques jongleries avec cette arme, comme tout le monde a pu le faire, vous vous êtes peut-être demandé comment éviter, au moment de la frappe, d'être blessé par le « retour du bâton ».

Une autre question qui revient : comment s'en servir pour parer ou contrer une autre arme. L'utilisation d'un nunchaku en mousse permettra de commencer la pratique ludique de cette arme, sans risque pour le pratiquant ou ses partenaires.

À l'origine, le nunchaku était l'arme de self-défense par excellence, et plus particulièrement celle des femmes.

Les branches (1 shaku, soit environ 30 cm) doivent couvrir l'avant-bras, et la ficelle centrale ne doit pas excéder plus de la largeur du poing (compromis entre mobilité et précision, mais aussi fragilité).

Répertoire : 2 séries de techniques et 2 katas

Les Saï

Plantoirs (Saï)
Bô contre saï : un élève porte une attaque au bâton, le pratiquant en noir pare au saï, sur une jambe

Le Saï est un trident métallique. Il ressemble à une dague, mais la lame n'est pas tranchante : elle est conique, de section cylindrique ou octogonale. Son extrémité pointue sert à piquer : soit lors d'une frappe, soit en le lançant. La longueur de la lame doit permettre la protection de l'avant-bras tout entier.

Comme toutes les armes courtes, en Kobudo, les Saï se manient par paires avec une arme dans chaque main ; un 3e Saï peut être accroché à la ceinture en cas de lancer d'un des Saï.

Répertoire : 3 séries de techniques et 4 katas

Les Tonfas

Béquille (Tonfa)
Un pratiquant en kimono noir tient une paire de tonfas en garde

Ils se manient par paires, comme les saï. Pour les karatékas ou autres pratiquants de boxe, c'est une arme de « renforcement » puisqu'elle peut appuyer ou renforcer tous les mouvements de défense ou d'attaque des membres supérieurs ; la rotation de l'arme autour de sa poignée, avec l'énergie cinétique qu'elle implique, est particulièrement efficace.

Les proportions de l'arme doivent être adaptées à l'utilisateur. La poignée doit être à peine supérieure au poing fermé sur elle. Plus grande, l'arme est difficile, voire impossible à contrôler, que ce soit dans les rotations ou même sans, quand il faut la « plaquer » sur l'avant-bras. Quant au « manche », il doit, comme pour le saï, couvrir entièrement l'avant-bras pour assurer une protection efficace.

Cette arme est d'ailleurs toujours utilisée de par le monde par différentes forces de police, notamment en France avec le « bâton de sécurité à poignée latérale ».

Répertoire : 2 séries de techniques et 3 katas

La filiation

Filiation de l'association Suna Tsubu Dojo

  1. Portrait de Shinko Matayoshi
    Shinko Matayoshi 1888 — 1947 Le fondateur du style
  2. Portrait de Shinpo Matayoshi
    Shinpo Matayoshi 1922 — 1997 Son fils, qui le diffuse au monde
  3. Portrait de Kenyu Chinen
    Kenyu Chinen 1976 — 2024 9e DAN, enseigne en France
  4. Portrait de Frédéric Mejias
    Frédéric Mejias depuis 1972 Élève de Kenyu Chinen
  5. Augustin Seretti depuis 1987 Fondateur du Suna Tsubu Dojo

Toute école d'arts martiaux se doit de rappeler ses origines, à savoir la filiation Maître-élève qui a conduit à sa naissance.

C'est bien sûr à Okinawa, et plus précisément dans la famille Matayoshi, que s'origine le Kobudo pratiqué à Suna Tsubu Dojo. On considère que, en deux générations, le « style » Matayoshi a été créé, par assemblage de nombreuses techniques d'armes existantes à Okinawa ou en Chine (apport fondamental de Shinko Matayoshi), puis diffusé dans le monde entier (œuvre de Shinpo Matayoshi).

Le professeur de Suna Tsubu Dojo, Augustin Seretti, a été l'élève (1987), puis l'un des assistants de Frédéric Mejias. Il a passé ses « Dan » sous le contrôle de Kenyu Chinen et de Frédéric Mejias.

Le dojo

La création du Dojo de Kobudo, Suna Tsubu

Suna Tsubu Dojo, calligraphié en japonais

Les activités de Suna Tsubu Dojo se répartissent essentiellement autour des apports proposés par l'instructeur (Senseï) : Kobudo, et pratique du Haïku (poème court d'origine japonaise).

La pratique régulière et non violente du Kobudo entraîne un certain nombre de conséquences bénéfiques pour le pratiquant : amélioration des réflexes, et plus généralement de la santé au niveau corporel, renforcement au niveau psychisme, influence positive sur la vie sociale et l'ouverture culturelle.